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  • Valérie CAILLIEZ

La dystopie fait-elle rêver ?


De nombreux scénarios catastrophe inondent notre vie. Films, séries, livres, théories… tout est là pour imaginer un monde dégradé, violent, totalitaire, au bord de l’implosion. Il est vrai que la situation n’invite pas à voir la vie en rose et que les enjeux qui s’imposent à nous peuvent nous faire penser que tout est fini, qu’il n’y a pas d’autre issue que la pire.


Pourtant, nous pouvons aussi envisager une dystopie comme la limite que nous ne voulons pas atteindre, comme si c’était justement le monde que nous ne voulions pas, un garde-fou en quelque sorte. C’est en cela un véritable stimulus créatif pour éviter l’effondrement, réagir, prendre les bonnes décisions aujourd’hui pour éviter la catastrophe demain. Alors, oui, dans ce sens, la dystopie peut être une façon de déclencher un imaginaire en réaction. Changeons aujourd’hui pour éviter le cataclysme demain.


Dans une réflexion prospective, l’idée n’est pas d’envisager la collapsologie comme seule issue ou l’utopie comme seul remède. En général, tout nourrit la réflexion pour construire des scénarios souhaitables, désirables. Si les extrêmes négatifs sont utilisés, c’est surtout pour envisager comment se préparer au pire et peut-être l’éviter, anticiper les actions qui peuvent améliorer l’issue. Si au contraire l’utopie est explorée, c’est pour apprendre à faire un pas de côté et imaginer qu’une autre voie est possible.


Nous ne sommes pas pour autant dans un consensus mou où la voie de la raison l’emporterait et la solution entre-deux serait la plus réaliste. D’une part, rien n’est plus incertain que « la raison l’emporte » ou que « fais de ta vie un rêve ». D’autre part, la créativité des humains est toujours plus débordante et malgré tout ce que nous pourrons imaginer, envisager, anticiper, la réalité sera certainement encore plus différente, avec d’autres apports, d’autres réactions, d’autres solutions. Et heureusement !


Si nous avons la capacité d’imaginer un monde meilleur pour demain et de le mettre en œuvre, alors pourquoi sommes-nous encore là à nous demander de quoi demain sera fait ? A tergiverser entre les intérêts politiques, économiques, sociétaux et environnementaux ? A privilégier l’immobilisme à toute action qui serait controversée ?


Bon, je retourne voir la Petite Sirène en attendant le prochain volet de Black Mirror.

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