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  • Valérie CAILLIEZ

Et si demain nous ne faisions plus d'enfants...


« Je ne veux pas d’enfant. » Combien de fois entendons-nous ce message aujourd’hui ? Volonté de s’accomplir ? Difficultés financières ? Peur d’un futur anxiogène ? Refus de surpeupler une planète déjà bien remplie d’humains ? Conscience environnementale ? Toutes ces raisons peuvent amener à envisager un futur sans enfant. Loin d’être anodine, la tendance « No Child », «Childfree» ou « GINK» gagne du terrain sur les réseaux sociaux et dans de nombreux pays. Pour le moment, la France reste un peu en recul avec seulement 5% de la population qui refuse d’avoir des enfants.


Au-delà de ces choix personnels et souvent engagés, les chercheurs anticipent au niveau mondial une baisse générale du nombre d’enfants par femme en raison aussi d’un meilleur accès aux moyens de contraception et d’un niveau d’éducation plus élevé des filles. En effet, plus maîtresses de leur corps et de leur avenir, les femmes reculent naturellement l’âge de la première naissance, ce qui diminue le nombre d’enfants procréés.


En parallèle, quand un couple souhaite des enfants, il peut, à l’instar de nombreux autres couples, être obligé de recourir à des méthodes de procréation assistée. 1 couple sur 8 consulte en France aujourd’hui. Sommes-nous devenus moins féconds ? Subissons-nous les conséquences de la pollution ? De notre mauvaise nutrition ? De nos habitudes de vie ? Il semblerait que pour certaines personnes, faire un enfant ne soit pas aussi simple et naturel que cela puisse paraitre.

Certains chercheurs commencent même à émettre l’hypothèse que l’espèce humaine pourrait être en danger si la qualité des gamètes masculines continue de chuter.


Le sujet de la dénatalité a été traité sous divers angles dans de nombreux films d’anticipation. Chacun s’attache à une conséquence dramatique pour l’humanité.


Que dire de la série Handmaid’s Tale tirée du roman La Servante écarlate de Margaret Atwood sorti en 1985 ? Derrière sa vision dystopique et totalitaire, elle décrit un monde où la fécondité est en berne. Dans ce futur proche, les pollutions environnementales et les maladies sexuellement transmissibles ont eu raison de la natalité. Une vision du monde à lire ou regarder pour se poser quelques bonnes questions sur l’avenir dans lequel nous voulons vivre.



D’autres visions proposent d’autres conséquences à la baisse de la natalité. Dans la comédie satirique Idiocracy sortie en 2006, le scénario s’appuie sur une théorie dysgénique assez détonante : les gens intelligents font moins, voire pas, d’enfants, ce qui entraine une baisse générale du QI moyen de la population. Le film de Mike Judge nous projette au XXVIème siècle, dans un monde pourri par la surpopulation et la dégradation de l’environnement avec, en arrière-plan, un rejet de toute forme de science et de réflexion intellectuelle. Un régal disruptif que je vous recommande.


Plus récemment, Plan 75, le drame futuriste de la réalisatrice Chie Hayakawa, sorti en 2022, nous emmène dans un futur proche, au Japon. Le vieillissement de la population est tel que le poids supporté par les jeunes générations est devenu intolérable, entrainant des séries de meurtres violents pour mettre fin à la vie des plus anciens. Pour y remédier, le gouvernement propose un système d’euthanasie volontaire généralisé pour toute personne de 75 ans et plus. Extrêmement réaliste et proche de nous, le film fait froid dans le dos.


Quelle que soit la version choisie, le scénario propose une vision assez noire des conséquences de cette natalité en berne. Pas simple de faire coïncider la survie d’une espèce avec les contraintes sociétales et environnementales. Que vaut-il mieux choisir ?


Moins d’enfants au risque d’avoir un passage compliqué de quelques décennies pour réguler le vieillissement ? Pensons aux conséquences de l’enfant unique que les Chinois vont vivre à court terme. Certaines villes chinoises sont prêtes à verser une prime aux couples qui font un troisième enfant. Qui l’aurait cru quelques années en arrière ?


Optons-nous plutôt pour être une natalité responsable qui assure la suite sans plus, ni moins. Cela me rappelle une campagne publicitaire de 1985 avec sur une affiche, une jolie bouille de poupon qui disait « Est-ce que j’ai une tête de mesure gouvernementale ? La France a besoin d’enfants. » Plus explicite, on n’a jamais refait je crois. Est-ce cependant la solution ? Le risque de voir la femme à nouveau réduite à un ventre n’est pas loin, est-ce ce que nous voulons ?


L’hypothèse de futur explore quelques conséquences et opportunités liées à cette baisse de natalité. Pas aussi clivante que celles des films, elle propose une vision du sujet avec des propositions constructives. Elle n’aborde pas tous les aspects, ne tire pas toutes les conclusions, elle ouvre juste le débat sur un sujet de société qui a un impact direct sur notre avenir.


Elle est là pour nous aider à nous questionner sur ce que nous pouvons faire de cette situation. Il serait intéressant de ne pas tomber dans les travers soulevés par les films de science-fiction. Il est peut-être temps d’envisager d’autres pistes, d’innover sur le sujet pour vivre mieux avec une population vieillissante et une humanité en décroissance.


Et vous qu’en pensez-vous ?




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