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  • Valérie CAILLIEZ

Peut-on innover sans effort ?



Il serait simpliste de penser qu’innover est un jeu d’enfant, que c’est un talent inné qui appartient à quelques happy few ou que la vraie bonne idée se déploie facilement.


Innover demande une attention de tous les instants pour être capable de fournir les efforts nécessaires à toutes les étapes.


Le premier effort est peut-être celui de la stratégie ou plutôt d’une vision stratégique clairement formulée, bien alignée avec les valeurs de l’entreprise et largement partagée au sein des équipes. Difficile d’engager un changement et de demander à chacun d’y croire si le cap n’est pas connu. La stratégie sous-tend le projet et non l’inverse, même si les opportunités peuvent accélérer parfois certaines prises de décision.


Ensuite, l’effort de la réflexion va demander un temps d’inspiration pour nourrir les neurones et les mener vers une piste créative pertinente. Il faut du temps pour bien s’imprégner d’un sujet, d’un marché, d’une technologie, décoder les tendances, comprendre le contexte… Même si nous devons conserver une avance, ne confondons pas vitesse et précipitation au risque de gadgétiser notre idée, de la sous-estimer, de la surévaluer ou de passer à côté de notre marché.


Et n’oublions pas l’effort du test et des itérations indispensables pour affûter le projet, le challenger, le renforcer et répondre aux attentes du marché. Tout test terrain est comme un échauffement avant la compétition, il permet de mesurer le niveau atteint et d’entrainer la mémoire musculaire pour reproduire le geste ou l’exploit. Quand tout semble correct, on peut se lancer. Il serait dommageable de se lancer sans filet et de perdre tous les efforts fournis précédemment.


Alors oui, innover demande des efforts. Et même si la sérendipité nous offre exceptionnellement cet heureux hasard de la découverte impromptue, le chemin est long et sinueux pour la transformer en une innovation réussie.


Pensons au nylon par exemple, découvert au hasard des recherches de Du Pont de Nemours et de Wallace Hume Carothers en 1935. Plébiscité par les femmes pour remplacer les mythiques bas de soie, il s’est transformé en toile de parachute et autres équipements militaires pendant la seconde guerre mondiale. Victime de son succès à la sortie de la guerre, il est retravaillé pour devenir ce bas si fragile et éphémère que nous connaissons alors qu’il peut être résistant et durable. Peut-être un autre avenir l’attend ?


Sans oublier que l’innovation s’appuie aussi sur des briques technologiques que la R&D et la recherche fondamentale mettent parfois des décennies, voire des siècles, à décanter. Combien d’étapes entre la machine volante de Léonard de Vinci et les avions actuels ? Sans parler des futurs engins qui remplaceront les moteurs à kérosène par des solutions bien moins carbonées ?.


Et vous quels efforts êtes-vous prêt à faire pour innover ?


crédit photo : Louis Hansel sur Unsplash