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  • Valérie CAILLIEZ

Peut-on reculer pour avancer ?


Peut-on reculer pour avancer ? Une question qui pourrait ressembler à une injonction contradictoire ou à un élément de rhétorique et qui pourtant renferme plusieurs significations intéressantes.


Lorsque la situation semble bloquée ou que l’obstacle sur le chemin est si gros, nous pensons parfois être au pied d’une montagne infranchissable. Nous sommes le nez collé à ce mur, incapables de trouver l’échappatoire utile pour poursuivre notre chemin. Et pourtant, prendre du recul et dézoomer nous aide à avoir la hauteur de vue nécessaire pour analyser cet obstacle et envisager comment le contourner, passer à côté, en dessous, au-dessus ou simplement changer de direction. Reculer devient alors l’action la plus salvatrice pour éviter le blocage définitif.


C’est souvent le cas en période de crise. Si nous restons concentrés sur la crise et ses effets, nous ne voyons plus qu’elle et ne faisons plus le pas de côté bien utile pour retrouver de l’élan et envisager d’avancer à nouveau. Nous sommes comme tétanisés quand justement agir est indispensable pour ne pas subir cette situation.


La crise sanitaire n’a-t-elle pas permis d’avancer très vite sur le déploiement d’autres formes de travail et en particulier le télétravail ? N’a-t-elle a fonctionné comme un accélérateur pour toute une série de solutions que beaucoup n’envisageaient pas à court terme ou même jamais ? La crise énergétique n’est-elle pas souvent à l’origine d’évolutions majeures dans nos pratiques quotidiennes de déplacement, de chauffage, d’utilisation d’appareils en tous genres voire dans nos processus industriels ? Les pénuries récurrentes de matières premières ne sont-elles pas l’origine de certaines initiatives de relocalisations ou de modifications notoires de conception ?

Finalement, n’avez-vous jamais essayé de reculer pour avoir une meilleure vue d’une situation complexe ? N’avez-vous jamais aperçu les opportunités nouvelles qu’une crise peut susciter en modifiant la situation ?


Nous pouvons aussi envisager différemment un projet en nous affranchissant d’une pratique un peu lourde et par la même occasion progresser rapidement dans une nouvelle création de valeur. N’est-ce pas une autre façon de reculer que de revenir sur une décision pour permettre à une autre voie d’émerger ? C’est parfois en décidant de fermer une porte que nous pouvons en ouvrir une autre.


Lors d’un pivotage par exemple, il est indispensable d’accepter de casser l’activité existante, de se l’avouer réellement, pour laisser la place à la nouvelle. Comment pouvons-nous créer un nouveau modèle économique si nous ne faisons pas officiellement le deuil du précédent ? Si nous ne reculons pas par rapport à l’ancienne version pour avancer vers la nouvelle ?


En prospective également, regarder l’avenir et explorer des hypothèses de futur est intéressant si nous savons identifier les faits et les événements passés qui ont conduit à cette vision. Nous reculons dans le temps pour comprendre comment avancer vers l’avenir. Le recul nous permet d’expliciter les causes et les enjeux d’une vision prospective. C’est aussi une façon d’éclairer le chemin vers un futur souhaitable et d’avancer sur les pistes d’innovation à imaginer pour l’atteindre.


Cette relation intime entre reculer et avancer est comme un équilibre à trouver. Une sorte de Yin et Yang, deux forces à la fois contraires et complémentaires. Une dynamique de réflexion à explorer avec le jeu ACDC de la collection Jeuxdenjeux par exemple.


Et vous, quand avez-vous pris ce recul nécessaire pour avancer sereinement ?

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