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Brouillon de futur #1

  • Photo du rédacteur: Valérie CAILLIEZ
    Valérie CAILLIEZ
  • 20 janv.
  • 2 min de lecture

Et si les ressources naturelles devenaient locales ?

Pas “plus responsables” ou “mieux tracées”, simplement locales et vraiment locales.


C’est une hypothèse simple en apparence, presque scolaire. Pourtant, elle agit comme un grain de sable dans les rouages bien huilés de nos modèles économiques.

Que se passe-t-il quand l’accès aux matières premières ne dépend plus d’un marché global, un peu abstrait, mais d’un territoire concret, limité et parfois capricieux ? Quand “s’approvisionner” cesse d’être un acte logistique pour redevenir un acte politique, relationnel, presque diplomatique ?


On peut toujours répondre par réflexe. Dire que ce n’est pas réaliste. Que la mondialisation est trop avancée. Que les chaînes de valeur sont trop complexes pour revenir en arrière. Mais la bonne question n’est peut-être pas “est-ce probable ?”.

La bonne question est plutôt : êtes-vous prêt si cela arrive plus vite que prévu ?


Car les signaux s’accumulent : tensions géopolitiques, restrictions à l’export, politiques de souveraineté, stress hydrique, pression sociale sur l’exploitation des sols… et j’en oublie. Pris séparément, rien de révolutionnaire. Pris ensemble, on fait face à un paysage qui change profondément. Et dans ce paysage, une question dérangeante : quelles ressources considérez-vous comme acquises… alors qu’elles ne le sont peut-être déjà plus vraiment ?


Si les ressources deviennent locales, tout devient local : les arbitrages, les dépendances, les conflits, les coopérations. Votre modèle économique tient-il encore quand la matière première n’est plus négociable à l’autre bout du monde mais discutée à quelques kilomètres ? Quand la concurrence n’est plus seulement sectorielle mais territoriale ? Quand la performance ne se mesure plus uniquement en coût mais en capacité à développer durablement un écosystème ?


Et que se passe-t-il si vos clients, vos partenaires, vos salariés commencent à poser ces questions avant vous ? Avant que vous n’ayez le temps de cartographier vos vulnérabilités, de revoir vos hypothèses de croissance, de repenser votre création de valeur.


Ce Brouillon de futur n’apporte pas de réponses toutes faites. Il propose un cadre pour ralentir un instant, regarder autrement et accepter une forme d’inconfort intellectuel. Parce qu’anticiper, ce n’est pas prédire ; c’est se remettre en capacité d’agir quand les règles du jeu changent.


Alors, une dernière question, peut-être la plus importante : Si les ressources naturelles devenaient locales demain, qu’est-ce que cela révélerait de votre activité… que vous préférez ne pas voir aujourd’hui ?


À vous de gratter.



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