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Episode 9. Série 2026 : la curiosité en entreprise

Photo du rédacteur: Valérie CAILLIEZ
Valérie CAILLIEZ
il y a 6 heures
2 min de lecture
Curiosité et courage : le duo oublié du management

Curiosité et courage : le duo oublié du management


Peut-on être curieux sans jamais sortir de sa zone de confort ? Neuvième épisode de cette série consacrée à la curiosité comme compétence stratégique, et cette fois l'angle se déplace vers un territoire qu'on visite moins volontiers : celui du courage qu'elle exige, une fois qu'on la prend au sérieux.


On encense facilement les dirigeants curieux. Ceux qui lisent tout, testent les nouveaux outils avant tout le monde, multiplient les veilles et les rencontres. Cette curiosité-là est confortable, elle donne même une image plutôt flatteuse. Elle devient une tout autre affaire le jour où elle pousse à remettre en cause une décision qu'on a soi-même prise, ou à écouter un avis qui dérange plutôt qu'un avis qui rassure.


Dans mes missions de prospective, je vois régulièrement cette curiosité s'arrêter net au moment précis où elle devient inconfortable. Des comités de direction qui sont très à l'aise pour explorer une tendance de marché ou une innovation technique, beaucoup moins pour aller demander à leurs équipes ce qui grince réellement dans leur management. Des dirigeants qui financent volontiers un séminaire de créativité, mais qui coupent court à la conversation dès qu'un collaborateur junior remet en question une habitude installée depuis dix ans.


C'est là que le courage entre en jeu. Être curieux de ce qu'on pense déjà savoir, de ses propres angles morts, de ce que les autres n'osent pas dire en réunion : voilà un exercice autrement plus exigeant que de suivre l'actualité d'un secteur. Il suppose d'accepter d'avoir tort, parfois publiquement, devant son équipe.


Je le vois particulièrement dans les structures de l'ESS que j'accompagne, où la parole circule souvent plus librement que dans l'industrie, mais où la curiosité envers les décisions de la direction reste malgré tout un sujet sensible. Et je le vois tout autant dans des PME industrielles où le dirigeant, souvent fondateur, a construit son autorité sur des certitudes qu'il devient risqué de rouvrir en public.


La curiosité qui reste confortable n'est peut-être, au fond, qu'une forme raffinée de veille. Celle qui compte vraiment, celle qui fait bouger une organisation, commence précisément là où elle dérange : dans une réunion où l'on pose la question qu'on préférerait éviter, ou dans un désaccord qu'on choisit d'entendre plutôt que de couper court.


Et vous, c'était quand la dernière fois que votre curiosité vous a mis en zone d'inconfort ?

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