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Et si vos produits avaient une durée de vie illimitée ?

  • Photo du rédacteur: Valérie CAILLIEZ
    Valérie CAILLIEZ
  • il y a 3 jours
  • 2 min de lecture

Pas plus longue. Pas raisonnable. Illimitée.


Derrière cette hypothèse se cache une question simple, presque naïve, et donc dangereuse : que devient un modèle économique quand il ne repose plus sur le remplacement, mais sur la permanence ? Que se passe-t-il quand réparer n’est plus un service périphérique mais un pilier ? Que fait-on quand la seconde vie n’est plus un bonus marketing mais un passage obligé ? Comment travaillons-nous quand l’écoconception cesse d’être un exercice de conformité pour devenir un acte stratégique ?


Nous avons appris à vendre des objets. Nous n’avons pas appris à vendre leur durée, encore moins leur fidélité. Or un produit qui dure longtemps change tout : le rythme, la relation client, la notion même de valeur. Il transforme un acte d’achat en engagement prolongé, et parfois, en contrainte assumée.


Soyons honnêtes : sommes-nous réellement prêts à concevoir des produits que nos clients n’auront plus besoin de racheter ? Allons-nous préférer la réparation au volume ? La maintenance à la nouveauté ? La robustesse à l’effet de mode ? Ou continuons-nous à appeler “durabilité” ce qui reste, au fond, une optimisation marginale d’un système inchangé ?


Les signaux sont pourtant clairs :

  • Réglementations sur la réparabilité.

  • Pression sur les déchets.

  • Attentes clients de plus en plus explicites.

  • Marchés de la seconde main qui deviennent des marchés de référence.


Sans oublier que ce qui était alternatif hier devient structurant aujourd’hui. Que ce que nous tolérions est maintenant discutable.


Alors une autre question s’impose : où se crée la valeur quand la vente unique devient l’exception ?

  • Dans l’usage.

  • Dans le service.

  • Dans la relation dans le temps.


Mais aussi dans la capacité à accepter que certains revenus disparaissent pour que d’autres émergent.


Ce Brouillon de futur n’est pas un manifeste anti-innovation. Bien au contraire. C'est une invitation à déplacer le regard, à interroger ce que nous fabriquons vraiment : des produits… ou de la dépendance au renouvellement ? Des objets… ou des relations durables avec nos clients et nos territoires ?


Anticiper ce futur, ce n’est pas promettre l’éternité. C’est accepter de sortir d’une logique d’usure programmée des modèles pour entrer dans une logique de lucidité stratégique.


Dernière question, pour chatouiller encore un peu : Si vos produits duraient toute une vie, qu’est-ce que cela dirait de la solidité réelle de votre proposition de valeur aujourd’hui ?


Ça gratte, non ?



Toujours un grand merci à Antoine Vignat pour ses illustrations.



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