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Et si la valeur se mesurait en impact, pas en profit ?

  • Photo du rédacteur: Valérie CAILLIEZ
    Valérie CAILLIEZ
  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture
Brouillon de futur #7 : profit vs impact

Et si le futur récompensait ceux qui laissent des traces utiles ?


Depuis dix ans, chaque mois, j'explore une hypothèse de futur qui vient gratter nos certitudes économiques. Celle de juillet ne fait pas exception. Et si la performance d'une entreprise se mesurait en contribution sociale ou écologique plutôt qu'en résultat financier ? Et si créer de la valeur ne suffisait plus et qu'il fallait surtout créer du sens ?


Votre activité serait-elle encore « performante » dans cette nouvelle équation ? La question n'est pas anodine. Elle suppose de repenser ce que l'on mesure, comment on le mesure, et qui décide de ce qui compte vraiment.


Qu'est-ce qui pourrait rendre cette hypothèse réelle ? Les signaux ne manquent pas : reporting extra-financier qui se généralise, nouvelles générations de talents qui posent la question du sens avant celle du salaire, investisseurs qui regardent de plus en plus loin que le seul rendement trimestriel, réglementations qui imposent déjà de compter le carbone, l'égalité, la gouvernance. Rien de tout cela ne garantit que le profit disparaisse de l'équation. Mais tout indique qu'il pourrait ne plus suffire à la résoudre seul.


Quelles conséquences cela aurait-il sur votre activité ?

  • Économiques d'abord : un produit qui détruit de la valeur sociale ou environnementale pourrait devenir plus coûteux à produire, à financer, à vendre.

  • Organisationnelles ensuite : faudrait-il revoir les objectifs individuels, les primes, les comités de direction pour y intégrer cette dimension d'impact au même rang que le chiffre d'affaires ?

  • Culturelles enfin : comment former des équipes à raisonner en contribution plutôt qu'en seule rentabilité, sans tomber dans le greenwashing ou l'incantation ?


Quelles opportunités pourrait-elle créer ? De nouveaux modèles économiques, sans doute : la réparation, le réemploi, la coopération territoriale, autant de façons de produire de la valeur qui ne se traduisent pas immédiatement en marge mais en utilité durable. De nouveaux marchés aussi, pour les entreprises qui sauront documenter et prouver leur impact plutôt que de simplement l'afficher. Et peut-être, en creux, une nouvelle légitimité pour celles et ceux qui, depuis longtemps, plaçaient déjà le sens avant le seul résultat.


Comme chaque mois, cette Hypothèse de futur ne détient aucune vérité. Plus parti-pris que démonstration exhaustive, elle vient simplement questionner nos repères et nous aider à prendre de la hauteur. Difficile de savoir aujourd'hui jusqu'où ira ce basculement entre profit et impact. Mais la question mérite d'être posée avant que le marché, les talents ou le législateur ne la posent à notre place.


Et vous, sur quoi se mesurerait la performance de votre entreprise si le profit n'était plus la seule unité de compte ?


Merci à Antoine Vignat pour son illustration.



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