Episode 7. Série 2026 : la curiosité en entreprise
- Valérie CAILLIEZ

- il y a 19 heures
- 2 min de lecture

Et si on formait à la curiosité ?
Peut-on vraiment apprendre à être curieux, ou est-ce un talent qu'on a ou qu'on n'a pas ? Huitième épisode de cette série consacrée à la curiosité comme compétence stratégique en entreprise, et cette fois la question se retourne contre nous : si la curiosité est si précieuse, pourquoi continue-t-on à la traiter comme un trait de caractère plutôt que comme une compétence qui s'entraîne ?
Dans mes formations, j'observe souvent la même chose. Des équipes qui savaient poser des questions avant d'apprendre à ne plus en poser, sous la pression du temps, des reportings, des réunions calées à la minute. La bonne nouvelle, c'est que ce qui s'est perdu peut se retravailler.
Je le note aussi dans mes premières formations sur l'IA auprès des offices de tourisme : les équipes qui progressent le plus vite ne sont pas les plus technophiles, mais les plus curieuses de tester, se tromper, recommencer. La compétence outil vient après le réflexe de curiosité, jamais avant.
Trois exercices reviennent régulièrement dans mes ateliers, et fonctionnent aussi bien dans une PME industrielle que dans une structure associative ou un service public. Poser cinq questions avant de proposer la moindre solution, même si ça ralentit la réunion de dix minutes. Aller chercher chaque semaine une information hors de son secteur, dans un domaine qui n'a a priori rien à voir avec son métier, pour déshabituer le regard. Reformuler ce qu'on vient d'entendre avant d'y répondre, pour vérifier qu'on a vraiment écouté l'autre et pas seulement attendu son tour de parler.
Pourquoi si peu d'entreprises inscrivent-elles la curiosité à leur programme de formation ? Sans doute parce qu'elle ne produit pas de résultat immédiat, contrairement à une formation sur un logiciel ou un module de conformité. Former à la curiosité, c'est accepter de ne pas savoir précisément ce que ça va produire, ni quand. Un pari difficile à défendre devant un budget serré et un agenda plein.
Aucun de ces exercices ne transforme une équipe du jour au lendemain. Mais peut-on vraiment reprocher à des collaborateurs de manquer de curiosité si on ne leur a jamais donné l'occasion de s'entraîner, ni le temps pour le faire ? La curiosité coûte du temps avant d'en faire gagner. C'est sans doute pour ça qu'elle reste le premier réflexe sacrifié quand l'agenda déborde.
Former à la curiosité, ce n'est pas enseigner une matière. C'est réapprendre un geste que l'enfance connaissait par cœur, et que l'organisation a fini par éteindre à force d'efficacité.
Et vous, quel exercice testeriez-vous cette semaine dans votre équipe ?
Pour info, le chat est un vrai chat, c'est le mien, Obsidienne la curieuse !

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